Vitraux de la guerre de Vendée

Pendant les quatre années où j’ai vécu à Beaupréau (Maine et Loire), j’ai été surpris de découvrir combien la guerre de Vendée était encore présente dans la mémoire des habitants de cette région. Je ne connaissais de cette guerre que ce que j’avais appris à l’école, c’est à dire à peu près rien. Cette guerre civile (1793-1796) était très peu développée dans nos livres d’Histoire.
En octobre 1987, les principaux vitraux qui retracent la guerre de Vendée ont été démontés des églises des environs pour être exposés dans celle de Notre-Dame de Beaupréau.
J’ai profité de l’évènement pour faire une série de diapositives.

Vitrail des Genéraux Vendéens

Eglise Notre-Dame de Beaupréau, Verrière des généraux vendéens
de la Rochejacquelein, Lescure, Cathelineau, d’Elbée, Bonchamps

Les quatre vitraux ci-dessous, proviennent de l’église Saint Pavin du Pin-en-Mauges (49). Créés dans les années 1880 par Jean CLAMENS, maître verrier à Angers, ils retracent quelques moments historiques de l’insurrection vendéenne.

Vitrail Cathelineau
Eglise du Pin-en-Mauges (49)
Verrière dite « de Cathelineau blessé »
Signée J. Clamens, Angers.

Jacques Cathelineau est né le 5  janvier 1759 au Pin-en-Mauges, très pieux, il fut surnommé le « Saint de l’Anjou ».
C’est le 12 mars 1793 qu’il rejoint les insurgés, pendant quatre mois il va combattre à la tête de ses 3000 hommes et remporter de nombreuses victoires contre les Républicains.
Au mois d’avril les différentes armées des insurgés se rejoignent pour former la grande armée forte de 10000 hommes avec à sa tête Cathelineau, Bonchamps, d’Elbée, La Rochejaquelein et Lescure.
Le 12 juin 1793, Jacques Cathelineau est élu Généralissime de cette armée catholique et royale. A Nantes, le 29 juin 1793, après un violent combat, il est grièvement blessé d’une balle à la poitrine. Le généralissime est transporté à Saint-Florent-le-Vieil où il expirera le 14 juillet 1793.

Vitrail d'Elbée
Eglise du Pin-en-Mauges (49)
Verrière dite « de d’Elbée »
Signée J. Clamens, Angers.

Maurice d’Elbée est né en 1752 à Dresde (Allemagne). Cet aristocrate réfugié à la ferme de la Loge à Beaupréau accepta en 1793 de se mettre à la tête des paysans de Beaupréau. Maurice d’Elbée devint l’un des généraux de l’Armée catholique et royale.

Après la mort de Cathelineau, d’Elbée est élu généralissime le 19 juillet 1793.
Grièvement blessé lors de la bataille de Cholet, il est évacué vers l’île de Noirmoutier où il sera fait prisonnier par les Républicains et fusillé le 2 janvier 1794.

Ce vitrail illustre l’épisode du « Pater des Vendéens » à Chemillé, alors qu’il exige de ses troupes la grâce de leurs prisonniers républicains, en leur faisant réciter le « Notre Père! »

Vitrail de la Rochejaquelein
Eglise du Pin-en-Mauges (49)
Verrière dite « de la Rochejaquelein »
Signée J. Clamens, Angers.

Né en 1772, Henri comte de la Rochejaquelein, jeune militaire, noble et royaliste de la capitale, rejoint les insurgés en avril 1793.
A 21 ans, il succède à d’Elbée en tant que généralissime. Il prend la tête des insurgés en prononçant ces mots devenus célèbres:
« Si j’avance, suivez-moi, si je recule, tuez-moi, si je meurs, vengez-moi ».

Le 28 janvier 1794 à Nuaillé, près de Cholet, il tombe sous les balles républicaines. Il n’avait que 22 ans.

L’épisode de la verrière évoque le pardon du général à l’égard d’un soldat républicain qui l’avait assailli au creux d’un chemin:
« Pourquoi as-tu fait cela ? Mon parti me commandait de te tuer et moi ma religion me commande de te pardonner »

Vitrail Bonchamps
Eglise du Pin-en-Mauges (49)
Verrière dite « de Bonchamps »
Signée J. Clamens, Angers.

Né en 1760 en Anjou, Charles de Bonchamps a pris la tête des hommes de Saint Florent-le-Vieil au tout début de l’insurrection. Ancien capitaine au régiment d’Aquitaine et fin stratège, il a mené ses hommes aux succès, jusqu’à l’ultime combat de Cholet, le 17 octobre 1793.
D’une grande humanité, il meurt le 18 octobre 1793 après avoir gracié 5000 prisonniers républicains.

La verrière évoque cet épisode.
Bonchamps qui est en train de mourir, est évacué à la Meilleraie, en face de Saint Florent-le-Vieil. Avant de mourir, il effectue un geste qui restera dans l’histoire. En apprenant que 5000 républicains enfermés dans l’église vont être exécutés, il ordonne leur grâce.
David d’Angers dont le père fut ainsi épargné, réalisera une sculpture en marbre blanc de cet instant dramatique.

Le vitrail ci-dessous dit « du massacre du Moulin de la Reine » créé également par Jean Clamens provient de l’église Saint-Hilaire de Montilliers (Maine et Loire). Cette verrière fut commandée par l’abbé Gélineau en souvenir de sa grand-mère sauvée par deux soldats.

Vitrail Moulin de la Reine

« Massacre du Moulin de la Reine » les 2 enfants sauvés sont en bas à droite

On peut lire au bas du vitrail : Le 5avril 1794, 22 femmes et enfants pris par les bleus dans les bois des Marchais et ramenés vers le camp de Montilliers sont fusillés au moulin de la Reine. Deux soldats ont demandé deux enfants sous prétexte de les garder à leur service, ainsi fut sauvée Marie Clémot, mon arrière grand-mère.   En souvenir J Gélineau – prêtre – 1909

Vous pouvez voir tous les scans de diapos dans la « Galerie photos ».

38 réflexions au sujet de « Vitraux de la guerre de Vendée »

  1. Très instructif ton récit. J’ai essayé de comprendre pourquoi cette insurrection a été relatée dans des églises sous forme de magnifiques vitraux. J’ai lu qu’au départ, la Vendée étant très catholique, l’insurrection, après la mort de Louis XVI, s’est faite sous forme d’une armée catholique et royale.
    Je ne sais pas si c’est la bonne explication ! Quoi qu’il en soit, tes photos sont belles et ton récit intéressant.

    1. Merci beaucoup,
      Le clergé non assermenté a joué un rôle majeur pendant cette période, dans cette région très pratiquante. Aujourd’hui encore cela se ressent au niveau des écoles, ainsi dans le canton de Beaupréau les cinq établissements secondaires sont privés. Lorsque je suis arrivé à Beaupréau en 1984 il y avait déjà des pétitions pour l’ouverture d’un collège public. Trente ans après il n’a toujours pas vu le jour.
      Si tu veux en savoir plus sur cette insurrection dont l’élément déclencheur à été la conscription qui touchait essentiellement les paysans je te conseille ce site Les guerres de Vendée. Il est clair et bien documenté.

      1. Merci pour ta recherche et le lien sur ce site, en effet, très clair et bien documenté. J’ai trouvé la réponse à mon interrogation dans l’onglet intitulé « églises et vitraux ».
        Voilà, grâce à toi, j’en sais un peu plus sur l’histoire de France … et en particulier de la Vendée.

  2. Excellentes diapos,il y a plusieurs années de cela j’avais aux Ponts de Cés une école tenue par Don Bosco et les curés m’ont souvent expliquer l’importance pour la population de la guerre de Vendée.
    Un autre épisode lors de travaux de recherche dans des archives concernant l’avancée des Chouans au Mans rapporter par la diligence par le père de Daphné du Morier (maître verrier) proche de Vendôme.

  3. Un énorme travail que la réalisation de ces vitraux.
    Ce qui me rebute, c’est la violence qui en émane.
    Triste réalité hélas et toujours d’actualité dans bien des pays.
    Bon dimanche.

  4. J’admire toujours les beaux vitraux quand je visite une église et ta série me comble ! Ils sont magnifiques et surtout racontent une page de l’histoire de de France et de ma région . Tes diapos sont d’excellente qualité car scannées elles donnent de superbes photos ! Merci pour tes informations qui m’ont beaucoup intéressée .
    Bon dimanche Joseph .

  5. bonjour Joseph , ah moi qui aime les vitraux ! là … c’est du beau travail !
    j’aime voir comme ça les histoires que ça raconte !! comme dans beaucoup d’endroits !!
    bon Dimanche A+

  6. De biens beaux vitraux différents des autres car ils sont la mémoire des guerres en Vendée.Jusqu’à présent,je n’ai vu en vitraux,que des extraits de la Bible.
    Bon dimanche,Joseph.

  7. Et oui, ils sont beaux ces vitraux, je les ai admirés pendant les innombrables messes suivies pendant mon enfance (il y a bien longtemps) dans cette église Notre Dame de Beaupréau.
    Bon dimanche à vous deux. Bisous

  8. Bel article merci a toi pour ces explications et ces vitraux de toute beauté .
    Il y a des spectacles encore Qui relatent cette guerre de Vendée.
    On en parlait pas a l’école et pourtant elle fût sanglante .
    Bonne fin de journée a toi

  9. Ces vitraux sont magnifiques et tes photos tout autant ! Je suis impressionnée par la qualité de tes images ; tu dois posséder un excellent scanner pour la numérisation de tes diapos ! Un grand BRAVO à toi ! 🙂

    1. Merci beaucoup,
      J’utilise un vieux scanner Epson 1680 SU qui permet de faire des scans à plat et des scans de négatifs ou de diapos. Je scanne mes diapos à la résolution native soit 1680px ce qui me permet d’obtenir pour mes diapos des images numériques de 2250×1500 pixels. Ensuite je traite les scans avec photoshop.

  10. Coucou Jo,
    Beaupréau est une ville du Maine et Loire splendide et que je connais bien. J’y passais souvent pour aller visiter les entrepôts dont je m’occupais à THOUARS quand je travaillais encore pour le groupe Promodès.
    Les vitraux que tu nous montres et que tu commentes sont fabuleux. Merci du partage.
    Arrivée à bon port dans mon Ille et Vilaine, j’ai laissé mon poux ronchon avec maman, dans mon fief, pour une quinzaine. Bises et bonne soirée. ZAZA

  11. Superbes vitraux! J’adore l’Histoire de France et je me souviens que j’admirais les Vendéens…… Je me rappelle même du nom d’un de leur chef : Charette……. Je vais me replonger dans cet épisode histoire de me remettre tout ça en mémoire!
    Gros bisous Joseph!

  12. Ces vitraux sont d’une beauté exceptionnelle. Un véritable patrimoine de l’Histoire de la guerre de Vendée. C’est bien que tu les aies photographiés , c’est un véritable trésor.Merci de les partager.
    Douce soirée Joseph

  13. Véritable et très agréable leçon d’histoire avec l’appui pédagogique de la BD de l’époque.
    Ces vitraux sont des véritables oeuvres d’art.
    Merci à toi pour cet excellent petit reportage admirablement illustré.

  14. J’ai entendu parlé de cette période de l’histoire vendéenne bien que je ne sois pas française.

    Par contre, je suis surprise de trouver ce genre de vitraux dans une église. Tu en donnes l’explication, merci. Magnifique post intéressant .

    Qui plus est ces vitraux sont de toutes beautés et superbement bien conservés.

    Bonne semaine. Merci pour ton passage, je reviendrai.

  15. L’histoire racontée comme tu le fais me semble plus passionnante qu’elle ne l’est généralement dans les livres d’école.
    Merci pour ce bel échantillon photographique de vitraux historiques.

  16. C’est pour une vraie découverte d’une région que je ne connais pas du tout et d’une tragédie que je ne connais pas en détail et qui explique des clivages qui sont encore présents dans notre pays…. Bravo pour ton diaporama qui est fort bien fait. Passe une belle après-midi

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