L’art du charbonnier

Pour fabriquer du charbon de bois, tout l’art du charbonnier réside dans la maîtrise du feu. Il faut savoir brûler doucement le bois, juste à point, sans trop le consumer, pour éviter qu’il se réduise en braise mais suffisamment pour qu’il se transforme complètement en charbon.
CharbonnierMon père, descendant d’une longue lignée de charbonniers, maîtrisait parfaitement cette technique qu’il tenait de son père et de son grand-père.
Je l’ai vu bien souvent à l’œuvre, pour avoir passé la majeure partie des vacances scolaires d’été en forêt.
A partir des années soixante, ce travail devint marginal dans l’activité de mes parents. Mon père continua, par goût du métier, à carboniser quelques meules de bois jusqu’au milieu des années quatre-vingt dix. Il a été à ma connaissance le dernier charbonnier de Bretagne en activité. Pour garder une trace de ce métier qui a pratiquement disparu, j’ai réalisé à cette époque un reportage photographique dans la forêt de Boblaye (56 Meslan).
Mon père parlait toujours avec beaucoup de passion de son métier, je ne crois pas l’avoir entendu se plaindre. Bien au contraire, c’était toujours avec plaisir qu’il partait pour Boblaye où il était très heureux de présenter son travail aux personnes qui venaient lui rendre visite.
En souvenir de lui, j’essaie à ma manière de faire découvrir ce métier hors du commun et je suis certain qu’il serait heureux que je continue à en parler.
En m’appuyant sur mes photos et mes notes ainsi que sur mes souvenirs, je vais vous proposer tout au long de la semaine une série d’articles sur les différentes phases de la fabrication artisanale du charbon de bois. Ensuite, vous en saurez autant que moi sur ce métier et vous serez en mesure de fabriquer vous-même du charbon pour vos grillades !

A suivre, les travaux préparatoires…

47 réflexions au sujet de « L’art du charbonnier »

  1. Bonjour joseph,
    Bravo Joseph continue, tout m’intéresse et c’est avec beaucoup de plaisir et d’intérêt que je vais retrouver et suivre ce beau métier de charbonnier que tu décris avec tant de respect.
    A bientôt
    Louis

  2. Je me vois bien faire mon charbon de bois pour cuire les grillades avant que les foudres de la présidente de copropriété vienne me tancer d’une vigoureuse manière
    Plaisir de te suivre dans ton cheminement
    Bises

  3. Bonjour ,tu en avais parlé sur ton autre blog,il faut aimer faire ce dur métier ,comme je l’avais dit précédemment ,c’est de l’art pour le monter ,et ensuite tout brûler pour faire le charbon de bois..bonne journée.

  4. Tu évoques avec tendresse ce métier disparu et tu nous le rends intéressant.
    Mon mari travaille sur sa généalogie et nous découvrons quantité de métiers oubliés.
    Mon grand père était chef paveur à Paris ( « chef », il y tenait, c’était sa fierté de paysan limousin « monté » à la capitale après la guerre en 1919). Petit fille je vivais chez lui et j’étais émerveillée de savoir que je marchais sur des pavés qu’il avait posés. Je croyais qu’il les avait tous posés ! Il a pris sa retraite en 1952 et quitté Paris.
    Ce métier ne doit plus exister…
    Bonne journée et merci pour ces « souvenirs ». J’aime beaucoup.

    1. Merci Cricri,
      Le métier de ton grand père n’a pas disparu. Pour avoir bien connu les travaux publics, je peux t’assurer avoir vu à l’œuvre des équipes de poseurs de pavés sur sable. C’est une technique qui a de gros avantages, on peut entres autres enlever et reposer plus facilement les pavés lors des interventions sur les réseaux souterrains.
      Ils y a aussi certains qui en ont fait un autre usage en mai 68 🙂

    1. N’importe qui peut faire du charbon de bois artisanalement. Mais, je ne suis pas sûr qu’il arrive à obtenir un charbon de qualité avec des rendements normaux. Pour acquérir un bon savoir-faire il faut beaucoup de pratique, car travaillant en plein air et avec des bois différents le processus demande toujours des adaptations.
      Depuis longtemps, il existe une production industrielle avec des fourneaux métalliques, mais mon père est toujours resté fidèle à la fabrication traditionnelle.

  5. Jusqu’à 88 ans, âge de son décès en 1948, mon grand-père maternel faisait chaque hiver du charbon de bois pour son usage personnel de l’année et lorsque j’étais enfant je faisais moi-même un petite meule à côté de la sienne… Il n’était pas un professionnel mais il possédait plusieurs parcelles de bois qu’il entretenait et qu’il abattait en temps utile…
    Quels bon souvenirs cet article fait surgir du passé.

      1. Il me revient à l’esprit que mon grand-père préférait travailler la « charbonnette » du charme et celle de l’acacia qui « ourdille » (c’est à dire dont l’écorce conserve une certaine humidité au bois « à cuire ») à celle du chêne et surtout du boulot et du sapin.

  6. Bonsoir Joseph,
    Un métier que je connais pas du tout, comme tous les anciens métiers aujourd’hui disparus. Les gens dans le temps avaient un vrai savoir faire, un métier qu’ils transmettaient à leurs fils ensuite, tout a bien changé hélas de nos jours.
    Passe une bonne soirée, amitié, Véronique

  7. Des articles très intéressants nous attendent donc, je ne les raterai pas !
    Quand j’étais enfant, je me souviens du charbonnier qui passait par chez-nous … et j’avais une copine de classe dont le père était charbonnier à angers… un métier qui pour nous les gamins nous paraissait bien vieillot à l’époque ! et là sur ton récit on comprend la passion de ton père et toi tu vas nous faire découvrir ou redécouvrir ce métier d’antan.
    Bonne soirée Joseph

  8. C’était un beau métier , sans doute très dur mais aussi passionnant ! Merci Joseph de nous faire partager le souvenir de ton père et de tes ancêtres avec tes explications , très intéressantes .J’attend la suite pour en connaitre un peu plus .
    Bonne semaine Joseph .

  9. Un des premiers posts que j’avais découvert sur ton blog était justement un message qui parlait de ce métier de charbonnier.
    La seule fois où j’ai vu des gens pratiquer ce métier c’était en Syrie il y a quelques années.
    C’est en tout cas une belle et bonne idée de mettre ce métier méconnu en avant.

  10. C’est une très bonne idée de nous montrer ce métier qui n’existe plus. Il devait être dur ! Je n’aurais jamais imaginé qu’il existait en Bretagne il y a si peu de temps encore ! Hate de lire la suite ! Merci Joseph ! Bizh et amitiés !

  11. Bonjour Joseph.
    Je reviens au début de tes articles sur le métier de ton père, charbonnier que je trouve très
    intéressant. Tu as eu une très bonne idée de nous faire connaître ce métier.
    je continue avec les articles suivants.
    À bientôt Joseph.

  12. bonjour superbes photos du métier de charbonnier heureusement qu il y a des gens comme
    vous pour garder en nous les métiers de nos ancêtres. Etant cylotouriste et ayant participé 3 fois à votre randonnée entre Lot et Dordogne je tenais à vous remercier de vos reportages photos toujours aussi magnifiques. Mon club est ( A S VALETTOISE )

  13. Je ne m’attendais pas à trouver ici le fils d’un « cuiseur de charbon » comme on disait autrefois.
    En faisant des recherches généalogiques, j’ai découvert toute une lignée de ces cuiseurs de charbon depuis 1600, à Senlisse dans les Yvelines. l’activité familiale a disparu avec mon grand-père maternel.
    Je vais lire avec beaucoup d’intérêt tout ce que vous avez écrit sur le sujet!

  14. J’ai longtemps vécu à Madagascar où le charbon de bois est toujours le seul combustible utilisé par la grande masse de la population. Le métier de charbonnier y est encore un des mieux rémunérés, toutes proportions gardées, car personne ne saurait se passer d’eux puisque toute la cuisine se fait sur des sortes de braseros appelés « fatapera » (= fourneau en fer). Très tôt le matin, on entend les charrettes entrer en ville pour aller vendre au marché le charbon qu’on achète au jour le jour par petits sacs. Les moyens sont si faibles là-bas qu’on ne peut pas acheter de plus grandes quantités et les stocker.

    1. Merci Jean-Pierre,
      Je suis content de savoir que tu as apprécié ce reportage sur le métier de mon père et de mes ancêtres. Quant à la disparition de se savoir faire, c’est malheureusement le cas pour la plupart des métiers d’autrefois. C’est aussi pour garder la mémoire de ce métier de charbonnier que j’ai fait ce reportage.
      Amitiés

  15. Les traces d’un pays, d’une région…Ces vieux métiers souvent très durs.
    Comment vivaient les gens, leur travail et ce qu’ils nous ont légués.
    À mon père: « Le charbonnier ». Bel hommage! Quelqu’un qui écrit ça a nécessairement un beau ♥.
    Au Québec: Mon grand-père puis mon père faisait fonctionner le dernier moulin à vapeur pour couper du bois en barreaux. Puis le tour de mon frère (3 générations) et la mélamine a pris le dessus pendant un certain temps. Fin du moulin.
    Mais que de souvenirs, la senteur d’érables et bouleaux fraîchement coupés, le bruit des scies…
    ce sont des souvenirs indélibiles TOUT comme les souvenirs que tu as de ton père et de son métier non-traditionnel.
    Merci Joseph Guégan. Ça me touche. Carole

  16. je ne connaissais pas du tout ce métier, merci pour ce post, et tu es quelqu’un de bien de rendre ainsi hommage à tes ascendants ! sois fier d’être issu de ce métier ! c’est ton papa sur la photo, il est encore là pour te lire, (je ne connais ni les âges, ni les lieux de résidence de mes nouveaux amis dont tu fais partie), les miens sont partis très tôt ! alors je crains toujours de faire une gaffe, bonne soirée Joseph

    1. Merci pour ton commentaire,
      Je suis content de t’avoir fait découvrir ce métier, comme tu as sans doute pu le constater il y a 6 autres articles qui expliquent les différentes phases de la fabrication du charbon de bois.
      c’est effectivement mon père qui est sur la photo prise en 1987. Il n’a pas pu malheureusement lire ce blog car il est mort il y 8 ans. Par contre ma mère vit toujours en Bretagne.
      Si tu veux en savoir un peu plus sur moi, je te conseille la lecture de A propos… ainsi que de cet article : Fils de charbonnier

  17. Merci breton, moi je suis originaire de Vendée, de la chouannerie ! mais vite arrivée à Paris, ton blog, site, je devrais dire est si riche qu’il me faudra des jours et des jours pour en faire le tour, mais je suis ravie de voir et de lire un si beau blog, tenu par quelqu’un de ma génération, bonne soirée, Joseph,
    merci
    f.

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